VALOREM : "C'EST UN PROJET A VENT DIT FAIBLE"


Pour vendre son projet de construction et d'exploitation d'éoliennes, la société Valorem ne manque pas de ressources. Théâtrales surtout. Bien loin de la rigueur scientifique devant présider à l'érection de machines à vent qui vont peser sur la destinée des villageois pendant au moins 20 ans, si M. le Préfet de Tarn-et-Garonne en décide ainsi. Et bien loin aussi des prétentions d'une firme qui se présente comme un aréopage d'ingénieurs de haut vol. 

Ainsi de la vitesse moyenne du vent, donnée cruciale lorsqu'on veut l'exploiter à des fins énergétiques. En février 2016, suite à des mesures effectuées grâce à un anémomètre des plus sophistiqués, le responsable du projet conclut triomphalement dans la Dépêche du Midi : "Il y a assez de vent". Mais lorsqu'il doit justifier ce verdict, M. Seul (c'est son nom) se félicite de... l'inverse  : "Un vent inférieur à 5,5 m/seconde ce qui est satisfaisant. Au-delà, le projet ne se serait pas fait. C'est un projet à vent dit faible".

Notons d'abord que M. Seul ne nous livre pas la vitesse réelle mesurée par ses instruments de haute précision. Pourquoi dissimuler une donnée si favorable ? Que dans la même phrase, il tient la faiblesse du vent pour un avantage majeur (et même un critère de faisabilité), fondant ainsi un nouveau concept : l'éolienne comme sculpture contemporaine. 

Deux ans plus tard, sur son site, Valorem, à partir des mêmes mesures, inverse sa conclusion : la faiblesse du vent de 2016 (qui faisait la joie de Valorem) s'est changée en véritable force (farce ?) éolienne de 2018 (qui fait aussi le bonheur de Valorem) ! Par quel miracle ? Mais grâce à une "vitesse moyenne à hauteur de moyeu supérieure à 5m/s sur l'année" ! Donc si l'on suit bien le chaotique raisonnement, le vent est faible à 5,5 m/s mais suffisamment puissant tandis qu'il est suffisamment puissant à 5 m/s, bien qu'encore plus faible ! 

On l'aura compris (non sans effort) : Avec ou sans vent, "Il y a assez de vent". Et si Valorem ne nous fournit (toujours) pas sa véritable vitesse, c'est bien que cela n'a aucune incidence sur l'efficacité des éoliennes !  Circulez manants ! 

Alors certes, ces artifices sémantiques peuvent leurrer le profane ordinaire, c'est à dire presque tout le monde, mais sont-ils de nature à tromper le Préfet ? Si Valorem redoute de publier les mesures précises du vent, ce n'est pas sans une bonne raison : la zone d'implantation des éoliennes de MMF est classée par la DREAL (autorité régionale compétente) comme "peu adaptée" car la vitesse du vent y est inférieure ou égale à... 5 m/s. Ce que confirme la carte officielle du gisement éolien départemental (données Météo-France)*. 

Si les mesures étaient supérieures à cette norme fondamentale (car oui, il faut du vent pour exploiter rationnellement des éoliennes), croyez bien que Valorem les claironneraient par dessus les toits...

Le flou savamment entretenu, les chiffres sciemment approximatifs et variables d'une déclaration à l'autre, les contorsions conceptuelles sont les signes notoires d'un embellissement de la réalité. Et fatalement, ne peuvent qu'éveiller une légitime suspicion des populations.  

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* Schéma régional Climat Air Energie - Annexes p 11 et carte 5 page 39 - Arrêté par le Préfet de région le 29 juin 2012

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