VALOREM : LOBBYING ET MILITANTISME POLITIQUE CONTRE L'INTÉRÊT GENERAL


Dans le rapport de la Commission d'enquête (CE) figurent les réponses faites par la société Valorem aux différentes objections concernant le projet. 

Nous avions soutenu que les dirigeants de Valorem étant également des militants politiques actifs et déclarés, il était rationnel que se pose à chaque implantation d'éolienne dans une commune ou une communauté de communes (dont l'autorisation est nécessaire au projet) la question de la solidarité d'appartenance à leur parti ou leur famille politique (EELV et Parti socialiste)... 

Les dirigeants de Valorem voudraient éviter cet écueil qu'ils se contenteraient d'être chefs d'entreprise et garderaient pour eux leurs convictions. Mais tel n'est pas le cas puisque, candidats aux élections, ils utilisent comme argument politique leur qualité d'entrepreneurs dans le domaine des énergies renouvelables (voir affiche électorale ci-dessous). Par ailleurs, dans le même document, ils se font une fierté de piloter un groupe de pression parlementaire plus connu du grand public sous le vocable anglo-saxon "lobby"...




C'est bien Valorem qui mélange, et volontairement, les genres. Et qui se plaint ensuite que les contribuables-citoyens, dont l'argent* et le bien-être sont en jeu, soient assez "gonflés" pour exiger quelques explications...

Interrogée à ce sujet par la CE (page 140 du rapport de la Commission), la société Valorem répond de manière péremptoire "qu'il est évident" que le "territoire n'est pas acquis à une simple supposition de liens politiques". Une puissante argumentation ! 

Mais pour faire bonne mesure (p141), d'ajouter "qu'il est évident" que "les intervenants" contre le projet sont motivés par leur appartenance "à certains partis ou groupes politiques" ! Valorem n'écrit pas : des intervenants mais : les intervenants (contre le projet). Tous donc. Amalgame saisissant ! 

Récapitulons : les dirigeants de Valorem sont aussi des élus ou militants politiques mais il est interdit d'envisager qu'ils puissent s'en servir pour faire des affaires. Et pour se défendre de mêler affaires et politique, les dirigeants de Valorem accusent tous les opposants à son projet de... faire de la politique. 

Si l'on comprend bien, "faire de la politique" ne pose un problème que si l'on s'oppose au projet éolien ; la société Valorem, dirigée par des militants politiques, n'est pas astreinte à son propre principe... 

Rappelons que c'est bien la société Valorem qui cherche à vendre un projet (sur décision des autorités de la République) dont elle espère tirer des profits financiers (ou autres) et non ses opposants. C'est donc à Valorem de donner aux citoyens et aux institutions des gages d'impartialité et de neutralité, et non l'inverse.

Le plus inquiétant, c'est que les commissaires, supposés se prononcer au nom de l’intérêt général, se sont satisfaits, sur ce point particulièrement sensible, de la choquante justification inversée de Valorem. Guère étonnant, au titre de cette prépondérance tacite des intérêts privés, que des élus locaux, propriétaires de terrains où se dresseront des éoliennes -moyennant finances, trouvent tous les charmes à l'industriel éolien qui ne fait pas de politique tout en étant candidat du parti EELV.

* L’industrie éolienne bénéficie de subventions publiques sous forme de rachat obligatoire par EDF de l'électricité produite à des tarifs largement supérieurs à ceux du marché. Une juteuse rente en bref.

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